Sextorsion : que faire dans les premières heures
Quelqu’un détient des images intimes, ou affirme les détenir, et réclame de l’argent en montrant la liste de vos contacts. Ce qui se décide dans les premières heures compte plus que les semaines suivantes, et presque rien de ce qu’il faut faire ne passe par une réponse à l’auteur du message.
ABSTRACT
Les sources publiques françaises disent la même chose : ne pas répondre, ne pas payer, conserver la correspondance avant de bloquer, resserrer les paramètres des comptes, puis signaler et déposer plainte. L’empreinte numérique de StopNCII.org peut agir avant toute publication.
Texte établi le 26 octobre 2026 à partir de sources primaires uniquement : Cybermalveillance.gouv.fr, service-public.gouv.fr, l’Arcom, la fiche de prévention diffusée par la Commission européenne, Légifrance, la Commission européenne, StopNCII.org, l’aide de Google Search et les pages d’aide d’Instagram, WhatsApp, Snapchat et Telegram.
Sommaire
- 01La première heure
- 02Pourquoi payer ne met pas fin au chantage
- 03Deux situations à bien distinguer
- 04Conserver les preuves avant de bloquer
- 05La liste de contacts est le seul levier
- 06Signaler et bloquer sur les applications
- 07Chantage et extorsion en droit français
- 08PHAROS et le dépôt de plainte
- 09Si le contenu est réellement publié
- 10Si la personne visée est mineure
- 11Les semaines qui suivent
01La première heure
La demande est construite pour vous faire agir en quelques minutes. L’ordre ci-dessous fait l’inverse, et aucune de ces étapes ne suppose d’écrire à nouveau à votre interlocuteur.
Dans cet ordre
- Cesser toute communication. Ne pas négocier et ne rien payer, même partiellement.
- N’envoyer aucun contenu supplémentaire, aucune photo, aucune pièce d’identité.
- Faire les captures d’écran de la conversation avant d’effacer ou de bloquer le compte.
- Bloquer ensuite le compte sur l’application concernée.
- Mettre vos comptes en mode privé et fermer la messagerie aux inconnus.
- Si un mot de passe vous a été révélé, le changer partout où il est employé.
- Signaler le compte au service, puis le contenu illicite public à PHAROS.
- Déposer plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur.
- Si vous détenez encore le fichier, enregistrer une empreinte sur StopNCII.org.
Bloquer trop tôt met la conversation hors de votre portée. La fiche de prévention diffusée par la Commission européenne demande expressément de conserver la correspondance et de faire les captures avant d’effacer ou de bloquer le contact.
02Pourquoi payer ne met pas fin au chantage
Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d’assistance aux victimes, est explicite sur la conduite à tenir : ne pas répondre, parce qu’une réponse confirme à l’expéditeur que votre adresse est valide et que le message vous atteint, et ne pas payer la rançon, même en cas de doute, pour ne pas alimenter le système.
La fiche de prévention sur la sextorsion diffusée par la Commission européenne énonce la même règle en trois temps : ne pas céder au chantage, cesser toute communication et bloquer le compte, puis conserver la correspondance. Si vous avez déjà payé, Cybermalveillance.gouv.fr recommande de contacter votre banque pour tenter de faire annuler l’opération.
03Deux situations à bien distinguer
La marche à suivre dépend de ce que l’auteur détient réellement. Le courriel de masse, que Cybermalveillance.gouv.fr désigne sous le nom de chantage à l’ordinateur ou à la webcam prétendument piratés, ne repose le plus souvent sur aucun fichier.
| Situation | Ce que l’auteur détient | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Courriel de masse, dit aussi cryptoporno | Le plus souvent rien ; parfois un mot de passe obtenu lors d’une fuite, ou votre propre adresse utilisée comme expéditeur | Ne pas répondre, ne pas payer, changer le mot de passe, conserver le message |
| Appel ou échange vidéo enregistré | Un fichier réel, et parfois une partie de vos contacts relevés sur un compte public | Preuves, paramètres, signalement, plainte, puis empreinte numérique |
| Images que vous avez vous-même envoyées | Les fichiers d’origine, qu’il peut recadrer ou renommer | Mêmes étapes ; l’empreinte reste possible si vous détenez encore le fichier |
Pour la première ligne, Cybermalveillance.gouv.fr indique qu’aucune mise à exécution de ces menaces n’a été démontrée jusqu’à présent. Pour les deux autres, le fichier existe, et le travail de retrait commence avant toute publication.
04Conserver les preuves avant de bloquer
- Capturer le profil en entier : nom affiché, identifiant, photographie, adresse du profil.
- Capturer la conversation dans l’ordre, sans recadrage, avec les horodatages visibles.
- Relever la demande de paiement : montant, devise, adresse de portefeuille ou identifiant de transfert.
- Noter l’application et l’heure du premier contact, de l’enregistrement et de la menace.
- Conserver les courriels tels quels, en-têtes compris, et non sous forme de copie recollée.
Cybermalveillance.gouv.fr présente la conservation des preuves comme une étape à part entière : faire des captures d’écran et garder les messages, qui serviront à signaler la tentative aux autorités. Ces mêmes pièces sont ensuite remises à l’appui de la plainte.
05La liste de contacts est le seul levier
La menace ne vaut que par la diffusion annoncée. Cybermalveillance.gouv.fr décrit précisément ce ressort : l’auteur menace de publier les images aux contacts personnels ou professionnels de la victime. Ce qui rend la menace crédible, c’est donc la visibilité de vos relations, pas le fichier lui-même.
- Passer le compte en mode privé, comme le recommande la fiche de prévention européenne.
- Ne plus permettre aux inconnus d’envoyer des messages, premier réflexe cité par la même fiche.
- Ne communiquer aucune donnée personnelle, nom complet, numéro de téléphone ou adresse.
- Refuser tout nouvel acte sexuel en visioconférence, y compris avec un compte qui paraît connu.
Fermer un compte efface vos propres preuves et vous prive de toute visibilité sur ce qui serait publié, alors que l’auteur conserve ses copies. Mettez le compte en privé, pas à la corbeille.
06Signaler et bloquer sur les applications
Chaque service a son propre parcours, et le blocage n’est pas le signalement : bloquer met fin aux messages, signaler saisit la modération. Les deux sont utiles, dans cet ordre, après les captures.
| Service | Où agir | Point à connaître |
|---|---|---|
| Signaler une publication ou un profil | Le blocage fait l’objet d’une page d’aide distincte du signalement | |
| Bloquer et signaler une personne | Conversation privée : les captures doivent précéder le blocage | |
| Snapchat | Signaler un abus ou un contenu illégal | Appui long puis Signaler ; options supplémentaires dans l’Union européenne |
| Telegram | Bouton Signaler, ou abuse@telegram.org | Telegram indique ne pas traiter les demandes portant sur les groupes et échanges privés |
La précision de Telegram est décisive pour ce type d’affaire : le service considère que les groupes privés et les échanges restent privés entre leurs participants et indique ne pas traiter les requêtes qui s’y rapportent. Un chantage mené en message privé relève donc de la plainte, pas de la modération. L’Arcom recense par ailleurs les dispositifs de signalement des principales plateformes sur une page unique.
07Chantage et extorsion en droit français
La fiche de prévention sur la sextorsion diffusée par la Commission européenne retient deux qualifications lorsque l’auteur réclame de l’argent ou un bien : le chantage et l’extorsion. Cybermalveillance.gouv.fr cite l’extorsion comme incrimination principale et en reproduit la définition légale.
| Texte | Comportement visé | Ce qu’indique la source |
|---|---|---|
| Code pénal, art. 312-1 | Obtenir par violence, menace de violences ou contrainte la remise de fonds, de valeurs ou d’un bien quelconque, ou la révélation d’un secret | 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende |
| Code pénal, art. 312-10 | Chantage, qualification retenue pour la sextorsion visant de l’argent ou un bien | Article cité par la fiche de prévention, sans indication de peine |
| Code pénal, art. 222-33 | Sextorsion exercée en échange de faveurs sexuelles | Peines portées à 3 ans et 45 000 euros si la victime a moins de 15 ans, ou si un service de communication au public en ligne a été employé |
| Code pénal, art. 227-23 | Enregistrement de contenus à caractère sexuel d’un mineur en vue de leur diffusion | 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende |
Vous n’avez pas à choisir la qualification. Le dépôt de plainte n’exige aucune analyse juridique de votre part : vous exposez les faits et vous remettez les pièces.
08PHAROS et le dépôt de plainte
PHAROS est, selon l’Arcom, le portail officiel de signalement des contenus illicites de l’internet, traité par des policiers et des gendarmes spécialisés. L’Arcom précise qu’il est ouvert y compris aux mineurs et qu’il ne traite pas les urgences : pour une infraction en cours, il faut appeler le 17.
Un signalement n’est pas une plainte. La plainte ouvre une procédure à votre nom, et service-public.gouv.fr en détaille les voies.
- Sur place, au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix, avec vos captures d’écran ; les services doivent enregistrer la plainte même si les faits ont eu lieu ailleurs, et vous repartez avec un récépissé.
- Par courrier au procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu des faits ou du domicile de l’auteur, avec votre identité, un récit daté et les pièces ; un modèle de lettre est en ligne.
- En ligne, la portée est limitée : pour les atteintes aux biens, seulement si vous ignorez qui est l’auteur. Le service THESEE couvre certaines escroqueries en ligne, dont le chantage ; son usage est conseillé mais non obligatoire.
- La visioplainte existe pour certaines infractions, avec authentification FranceConnect, une caméra et un créneau réservé.
- Porter plainte est gratuit, et vous pouvez demander une copie du procès-verbal.
Avant de confier le dossier à un prestataire, exigez l’écrit : périmètre, pièces attendues, suites prévues. Une demande de paiement avant tout travail, présentée dans l’urgence, est le signal qui doit faire reculer.
09Si le contenu est réellement publié
L’ordre change. Il faut relever chaque URL avec la date et l’heure, notifier, enregistrer l’empreinte, puis demander la désindexation.
- Notifier l’élément précis à la plateforme, puis à l’hébergeur. L’article 6 de la LCEN impose à celui-ci d’informer promptement les autorités compétentes des activités illicites qui lui sont signalées et de conserver les données permettant d’identifier les contributeurs.
- Invoquer l’article 16 du règlement sur les services numériques, qui impose un mécanisme de signalement facile à utiliser ; la Commission européenne indique un traitement en temps utile et une information du signalant comme de l’auteur, sans fixer de nombre d’heures.
- Enregistrer une empreinte sur StopNCII.org : le hachage est calculé sur votre appareil et le site indique ne pas télécharger vos images.
- Demander la suppression dans Google Search au moyen de la procédure consacrée aux images à caractère sexuel non consenties, réelles ou fabriquées.
- En cas de décision contestée, le règlement ouvre une réclamation interne gratuite puis, depuis le 17 février 2024, un règlement extrajudiciaire des litiges.
Google indique pouvoir supprimer un contenu uniquement des pages de résultats de recherche, et non du site qui l’héberge ; le fichier reste atteignable par un lien direct ou un autre moteur. La notification à l’hébergeur demeure donc indispensable. Service-public.gouv.fr rappelle de son côté que la diffusion sans accord d’une image à caractère sexuel est sanctionnée de 2 ans d’emprisonnement et de 60 000 euros d’amende, y compris lorsque l’image avait été obtenue avec l’accord de la personne.
10Si la personne visée est mineure
Le dossier change de nature. L’enregistrement de contenus à caractère sexuel d’un mineur en vue de leur diffusion est réprimé par l’article 227-23 du code pénal, qui prévoit cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. La qualification ne dépend pas du consentement affiché par le mineur.
- Un mineur, victime ou témoin, peut échanger par écrit avec un policier ou un gendarme en ligne : service-public.gouv.fr décrit ce service comme réservé aux mineurs et ouvert notamment à la sextorsion, au chantage et à la diffusion de contenus illicites.
- Le signalement sur PHAROS est ouvert aux mineurs, l’Arcom le précise.
- StopNCII.org n’est pas la voie : le site demande d’avoir plus de 18 ans aujourd’hui et indique qu’une autre aide est disponible si les critères ne sont pas remplis.
- La plainte suit les voies habituelles, sur place ou par courrier au procureur.
11Les semaines qui suivent
Le silence de l’auteur ne clôt rien. Les copies réapparaissent sous d’autres titres, et la surveillance est ce qui transforme un signalement isolé en dossier suivi.
- Rechercher périodiquement votre nom, votre identifiant et tout surnom employé dans la conversation.
- Laisser l’empreinte enregistrée en place : c’est le seul mécanisme qui agit sur des copies jamais vues.
- Conserver le dossier de preuves aussi longtemps qu’une procédure reste ouverte.
- Sur un nouveau site, relever l’adresse et la date avant toute autre démarche.
- Joindre les anciens numéros de dossier à chaque nouveau signalement, pour établir la répétition.
SARAZIM LLC prend en charge le volet administratif : mise en forme du dossier de preuves, notifications aux plateformes et aux hébergeurs, enregistrement de l’empreinte, demandes de désindexation, relances et surveillance. La société n’exerce pas le droit et n’est pas votre représentant ; pour agir devant le juge, un avocat est requis.
Questions fréquentes
J’ai déjà payé. Est-il trop tard ?
Non. Conservez la trace de l’opération, cessez tout nouveau versement et, comme le conseille Cybermalveillance.gouv.fr, contactez votre banque pour tenter de faire annuler la transaction. Les preuves restent utiles à la plainte.
Faut-il bloquer immédiatement le compte ?
Faites d’abord les captures d’écran. La fiche de prévention européenne demande de conserver la correspondance avant d’effacer ou de bloquer le contact ; le blocage vient ensuite.
Il a ma liste d’amis. Je supprime mes comptes ?
Non. Passez les comptes en mode privé et fermez la messagerie aux inconnus. Supprimer détruit vos preuves, pas les copies détenues par l’auteur.
Un courriel menaçant sans aucune image, c’est quoi ?
Vraisemblablement le chantage à l’ordinateur prétendument piraté. Cybermalveillance.gouv.fr indique qu’aucune mise à exécution de ces menaces n’a été démontrée à ce jour : ne répondez pas, ne payez pas.
L’empreinte envoie-t-elle mes images quelque part ?
Non. StopNCII.org indique que le hachage est créé directement sur votre appareil et que cette empreinte est le seul fichier partagé ; le site précise ne pas télécharger les images.
Puis-je déposer plainte en ligne pour ces faits ?
La portée est limitée. Le service THESEE couvre certaines escroqueries en ligne, dont le chantage, mais son usage n’est pas obligatoire ; la plainte sur place ou par courrier au procureur reste la voie générale.
Signaler sur Telegram suffira-t-il ?
Pas pour un message privé. Telegram indique ne pas traiter les requêtes relatives aux groupes privés et aux échanges entre participants ; seuls les canaux, bots et lots d’autocollants publics sont concernés.
Si Google retire l’adresse, le fichier disparaît-il ?
Non. Google indique pouvoir supprimer un contenu uniquement des pages de résultats de recherche, et non du site qui l’héberge. Il faut écrire à l’hébergeur.
Sources vérifiées
- Chantage à l’ordinateur ou à la webcam prétendument piratés - Cybermalveillance.gouv.fr
- La sextorsion : fiche de prévention - Commission européenne
- Comment porter plainte - service-public.gouv.fr
- Signaler un cyberharcèlement ou une sextorsion, service réservé aux mineurs - service-public.gouv.fr
- Droit à l’image et respect de la vie privée - service-public.gouv.fr
- Signaler un contenu sur internet - Arcom
- Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN) - Légifrance
- Questions et réponses sur le règlement sur les services numériques - Commission européenne
- Comment ça marche - StopNCII.org
- Supprimer des images à caractère sexuel non consenties - Google
- Signaler une publication ou un profil sur Instagram - Pages d’aide Instagram
- Comment bloquer et signaler une personne - Pages d’aide WhatsApp
- Comment signaler un abus ou un contenu illégal - Assistance Snapchat
- Foire aux questions, retrait de contenu illégal - Telegram
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CASE INTAKE
Si une demande est en cours en ce moment
SARAZIM LLC reprend la séquence décrite ci-dessus avec vous : constitution des preuves avant la disparition du compte, resserrage des comptes, enregistrement de l’empreinte, signalements aux services concernés et surveillance ensuite. Dites-nous ce qui s’est passé et ce que vous détenez encore. Les échanges restent confidentiels.
Toutes les consultations sont anonymes.