Cas réel : supprimer une vidéo intime d’un site porno étranger
Une femme a découvert qu’une vidéo où elle apparaît avait été mise en ligne sur un site pornographique hébergé à l’étranger, et s’est adressée à SARAZIM LLC. Voici dans quel ordre les copies ont été retrouvées, consignées, signalées et vérifiées, puis comment les remises en ligne ont été bloquées. Tout ce qui pourrait l’identifier a été retiré.
ABSTRACT
Une vidéo publiée sur un site étranger de type « tube » se diffuse par trois voies : la publication d’origine, les copies sur des sites miroirs et les aperçus dans les résultats de recherche. Dans ce dossier, chaque voie a été traitée séparément, auprès de l’exploitant du site, de l’hébergeur, du CDN placé devant le site et des moteurs de recherche. Une adresse n’a été comptée comme supprimée qu’après avoir été rouverte et trouvée vide, puis la surveillance par empreinte numérique a pris le relais.
Les faits proviennent du dossier de SARAZIM LLC ; aucun nombre, aucune durée ni aucune date absents du dossier n’ont été ajoutés. Les procédures ont été vérifiées le 4 novembre 2026 auprès de Cloudflare, de l’ICANN, de l’aide de la recherche Google, de StopNCII.org, d’EUR-Lex, de la Commission européenne et de service-public.gouv.fr.
Sommaire
- 01Le dossier en bref
- 02Pourquoi un site étranger change tout
- 03Là où l’on bloque seul
- 04Un premier échange sans donner son nom
- 05Cartographier la diffusion d’abord
- 06Garder la preuve avant le retrait
- 07Exploitant, hébergeur, CDN : dans cet ordre
- 08Ce que contenait chaque demande
- 09Supprimé veut dire vérifié
- 10Vos droits en France, et ce qui reste
01Le dossier en bref
La cliente avait appris qu’une vidéo d’elle avait été publiée sur un site pornographique exploité depuis l’étranger. Elle ne savait ni qui l’avait vue, ni jusqu’où elle s’était propagée, et au moment de demander de l’aide, la vie quotidienne lui était devenue difficile.
SARAZIM LLC a pris en charge la suppression des publications sur ce site, et les publications visées par la demande ont été retirées. Elle ne s’est pas arrêtée là. Comme toute personne ayant téléchargé le fichier peut le remettre en ligne, elle a aussi souscrit au service de blocage des remises en ligne, qui continue de surveiller la même vidéo après la première suppression.
Seul le déroulé du travail est conservé. Le contenu de la vidéo, l’âge, la profession et la région de la cliente, et tout élément sur la personne qui a publié la vidéo ont été écartés. Aucun nombre de publications, aucune durée ni aucune date ne figurant pas au dossier n’ont été ajoutés.
02Pourquoi un site étranger change tout
L’exploitant et les serveurs d’un tel site se trouvent hors du pays où vivent ses visiteurs. Il n’existe souvent aucune adresse de contact qui fonctionne, ou le bouton de signalement ne mène nulle part. Écrire à l’exploitant en attendant une réponse ne suffit pas, et une procédure française n’atteint pas le serveur d’elle-même.
Trois éléments compliquent la tâche par rapport à une grande plateforme. Les coordonnées sont cachées ou le canal de signalement ne marche pas. La même vidéo est recopiée sur des sites miroirs, tandis que liens et captures circulent à part dans les messageries et les forums. Et quand un aperçu apparaît dans la recherche d’images ou de vidéos, des personnes qui ne connaissent pas le site peuvent le voir. Supprimer une publication n’est donc jamais tout le travail.
La première question de ce dossier n’a donc pas été de savoir comment joindre l’exploitant, mais qui d’autre détient le fichier : l’hébergeur, le réseau placé devant le site, le bureau d’enregistrement du nom de domaine et les moteurs de recherche qui affichent les aperçus.
03Là où l’on bloque seul
La plupart des victimes essaient d’abord seules et se heurtent aux mêmes obstacles. Le premier est de devoir revoir la vidéo : chaque signalement exige l’adresse exacte de chaque copie, donc un passage en revue page par page.
Le deuxième est de ne pas savoir à qui s’adresser. Si l’exploitant se tait, il faut se tourner vers l’hébergeur du serveur et vers le CDN placé devant le site, et chacun attend un fondement et une forme différents. Le troisième est le retour : la même vidéo réapparaît des semaines plus tard à une nouvelle adresse, et sans surveillance, tout recommence.
S’y ajoute le temps perdu à avancer pas à pas. Seule, on signale la publication trouvée, on attend, rien ne se passe, et ce n’est qu’ensuite qu’on cherche une autre voie. Pendant ce temps, les copies non encore repérées restent en ligne. Traiter toutes les voies en même temps est ce qui fait raccourcir la liste plus vite qu’elle ne s’allonge.
N’envoyez pas d’argent à l’auteur de la publication ni au site, et ne négociez pas avec eux. Ne téléchargez pas la vidéo, ne la montrez à personne et ne la publiez nulle part pour demander de l’aide. Noter chaque adresse et l’heure à laquelle vous l’avez vue suffit.
04Un premier échange sans donner son nom
Le premier échange peut être anonyme. La cliente n’a eu à donner ni son nom ni son numéro au départ, et ses propos n’ont pas été partagés au-delà de la personne chargée du dossier. Trois questions viennent d’abord : connaît-elle déjà des adresses, son visage est-il reconnaissable, a-t-elle déjà signalé la vidéo quelque part ?
Ne connaître aucune adresse n’empêche rien. SARAZIM LLC utilise une reconnaissance faciale qui retrouve où se sont diffusées les images d’une personne à partir de 2 à 3 photos. La cliente n’a donc pas eu à fouiller les sites ni à revoir la vidéo. Le périmètre et le prix n’ont été fixés qu’une fois la diffusion cartographiée.
Ce qu’elle a reçu à ce stade était un plan, pas une promesse. Le fondateur vient de la sécurité informatique, il a travaillé chez Palo Alto Networks et détient les certifications CISSP, CISM, CEH, OSCP et GIAC GASAE. Le travail se mène comme un incident de sécurité : délimiter, contenir, vérifier.
05Cartographier la diffusion d’abord
Rien n’a été signalé avant que la diffusion soit connue. S’arrêter à la publication d’origine laisse en place les copies et les résultats de recherche. Chaque adresse trouvée a été classée dans l’un de trois groupes, car chaque groupe relève d’un destinataire et d’un fondement différents.
| Groupe | Destinataire | Fondement |
|---|---|---|
| Publication d’origine sur le site | Exploitant, puis hébergeur | Contenu intime diffusé sans consentement, contraire aux règles du site |
| Copies sur des sites miroirs | Chaque site, son hébergeur et son CDN | Même fondement, signalé site par site |
| Liens dans les messageries et forums | Canal de signalement de chaque service | Règles du service sur les images intimes |
| Aperçus dans les résultats | Google et autres moteurs | Demande pour contenu sexuel diffusé sans consentement |
Les résultats de la reconnaissance faciale n’ont jamais été utilisés bruts. Un membre de l’équipe a vérifié chaque correspondance à la main. Si la vidéo d’une autre personne se glisse dans la liste, une demande part vers la mauvaise publication et celles qui comptent attendent plus longtemps.
06Garder la preuve avant le retrait
La conservation de la preuve se fait en même temps que la première demande, parfois avant. Une fois la publication retirée, on ne peut plus montrer ce qui se trouvait à cette adresse. Pour chaque adresse, SARAZIM LLC a consigné l’URL, l’heure de la vérification et une capture de la page.
Ce relevé sert à deux choses. C’est ce dont la cliente a besoin si elle porte plainte ou engage une action en justice. C’est aussi la référence qui permet, plus tard, de dire si une publication nouvellement trouvée est la même vidéo. Il n’est utilisé à aucune autre fin que son dossier.
Si vous consignez vous-même
- L’adresse complète de chaque publication, copiée dans la barre d’adresse
- La date et l’heure où vous l’avez vue pour la première fois
- Une capture montrant le titre et l’adresse, jamais une image de la vidéo en lecture
- Ne pas télécharger le fichier ni l’envoyer à quelqu’un pour vérification
07Exploitant, hébergeur, CDN : dans cet ordre
Un retrait sur un site étranger ne tient jamais en une seule demande. L’exploitant restant muet, les demandes sont allées aux entreprises qui maintiennent le site en ligne. Beaucoup de ces sites passent par Cloudflare. Cloudflare indique ne pas pouvoir supprimer un contenu qu’il n’héberge pas, mais, pour les sites qui utilisent son service de transit, il transmet la plainte à l’exploitant et à l’hébergeur et communique à ce dernier l’adresse IP d’origine pour qu’il retrouve le contenu.
Le formulaire de signalement de Cloudflare comporte une catégorie propre aux images sexuellement explicites non consenties ; Cloudflare précise qu’il ne peut en général pas traiter les plaintes envoyées par courriel. Pour certaines catégories, on peut demander que le signalement ne soit pas transmis à l’exploitant, ce qui compte quand l’exploitant est peut-être l’auteur de la publication.
- Exploitant : contact ou formulaire du site, s’il existe et fonctionne.
- Hébergeur : l’entreprise dont le serveur contient réellement le fichier ; avec l’adresse IP d’origine, il peut le retrouver sur ses propres machines.
- CDN : ne retire pas ce qu’il n’héberge pas, mais transmet le signalement.
- Bureau d’enregistrement : l’ICANN impose aux bureaux accrédités de publier une adresse dédiée aux abus et d’examiner les signalements avec diligence ; on le trouve par exemple via ICANN Lookup.
08Ce que contenait chaque demande
Les sites étrangers et leurs prestataires travaillent surtout en anglais, et une demande qui n’a pas la forme attendue est souvent classée sans examen. Dans ce dossier, chaque demande comportait les cinq mêmes éléments.
Éléments de chaque demande de retrait
- La liste complète des adresses, une par ligne, sans omission
- La déclaration que la personne visible dans la vidéo est l’auteure de la demande
- Le fait qu’elle n’a consenti ni à l’enregistrement ni à sa diffusion
- La règle ou la politique de l’entreprise que la publication enfreint
- Un contact pour la réponse et la mention que SARAZIM LLC agit sur son mandat
Aucune vidéo ni capture n’a été jointe. Une adresse précise suffit pour retrouver la publication, et chaque pièce jointe est une copie de plus en circulation. Quand une demande était refusée, elle repartait avec un fondement complété en réponse au refus ; quand l’exploitant ne répondait jamais, elle partait vers l’hébergeur et le CDN.
Dans l’Union européenne s’ajoute le règlement sur les services numériques. Tous les hébergeurs, quelle que soit leur taille, doivent offrir des mécanismes de notification faciles d’accès. Une notification doit être suffisamment précise et motivée pour permettre une décision en connaissance de cause, et l’hébergeur qui retire un contenu doit en informer la personne concernée en indiquant ses motifs et les voies de recours. Le règlement vise aussi les fournisseurs établis hors de l’Union qui y proposent leurs services ; ceux-ci doivent désigner un représentant légal dans l’Union.
09Supprimé veut dire vérifié
Une demande envoyée n’est pas un retrait. Chaque adresse a été rouverte, et une publication n’a été notée comme supprimée qu’une fois réellement disparue. Les sites étrangers masquent parfois la page tout en laissant le fichier accessible, ou déplacent la même vidéo vers une nouvelle adresse.
Le retrait obtenu dans ce dossier a été jugé selon ce critère, et l’avancement comme le résultat ont été remis à la cliente sous forme de rapport écrit. Le taux de suppression de 98,2 % publié par SARAZIM LLC est un décompte interne établi de la même manière : sur les retraits confirmés, pas sur les demandes.
Bloquer les remises en ligne
Les remises en ligne apparaissent en général quelque temps après la première suppression. Quelqu’un qui avait gardé le fichier le publie ailleurs, ou un site miroir le récupère. Titres et noms de fichier changent, une recherche par mots-clés les manque donc. La surveillance porte sur les identifiants de la vidéo elle-même : métadonnées et empreintes numériques, pas les images. La vidéo est supprimée une fois le travail terminé. Quand elle réapparaît, la nouvelle adresse est consignée et une demande part aussitôt ; la surveillance se répète à chaque cycle. La recherche de la première personne à l’avoir publiée se décide au moment du contrat.
Celle qui détient encore le fichier sur son propre appareil peut ajouter une seconde couche. StopNCII.org calcule l’empreinte sur l’appareil ; l’image ou la vidéo ne le quitte pas. Les plateformes partenaires, dont Microsoft avec Bing, Reddit et plusieurs grands sites pornographiques, recherchent les correspondances. Le service s’adresse aux adultes qui apparaissent eux-mêmes dans le contenu et n’agit que chez les partenaires, pas sur tout internet.
10Vos droits en France, et ce qui reste
En France, enregistrer ou transmettre l’image sexuelle d’une personne sans son accord est puni de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 € d’amende. La diffusion d’une telle vidéo est punie de la même peine, même si la personne avait accepté d’être filmée. Le site peut être saisi d’une demande de retrait, le droit à l’effacement des données personnelles peut être invoqué, et en cas d’urgence le juge des référés peut ordonner un retrait rapide.
Pour les résultats de recherche, Google propose une demande dédiée. La personne concernée ou son représentant peut demander le retrait d’un contenu sexuel personnel, réel ou truqué, de la recherche Google. Google dit faire de son mieux pour trouver et supprimer les doublons ; seules les URL indiquées dans le formulaire sont examinées, et seul le résultat disparaît, pas la page chez l’hébergeur.
| Voie | Où elle s’applique | Ce qu’elle produit |
|---|---|---|
| Notification au titre du règlement sur les services numériques | Hébergeurs proposant leurs services dans l’UE | Décision motivée et voies de recours |
| Signalement à Cloudflare | Sites derrière Cloudflare | Transmission à l’hébergeur avec l’IP d’origine |
| Demande à Google | Recherche Google | Retrait du résultat |
| StopNCII.org | Plateformes partenaires | Comparaison par empreinte |
Ce que montre le dossier : un site étranger peut être nettoyé quand la diffusion est cartographiée et que chaque voie va au bon destinataire. Mais le travail ne s’arrête pas au retrait. Le temps compte, car copies et liens partagés se multiplient à mesure que la vidéo reste en ligne. La part de la cliente a été réduite : expliquer, répondre à quelques questions, lire le rapport.
Questions fréquentes
Peut-on faire retirer une vidéo d’un site qui ne répond jamais ?
Souvent, oui. Si l’exploitant ne répond pas, les demandes vont à l’hébergeur, au CDN et au bureau d’enregistrement. Cloudflare transmet les plaintes à l’hébergeur avec l’adresse IP d’origine. Rien ne garantit l’issue, mais l’exploitant est rarement le seul à pouvoir agir.
Dois-je donner mon nom pour commencer ?
Non. Le premier échange avec SARAZIM LLC peut être anonyme. L’identité n’est nécessaire que lorsqu’une demande doit déclarer que la personne dans la vidéo est celle qui demande le retrait.
Je ne sais pas où se trouve la vidéo. Que faire ?
SARAZIM LLC recherche la diffusion par reconnaissance faciale à partir de 2 à 3 photos. Chaque correspondance est vérifiée à la main avant tout signalement.
Faut-il joindre la vidéo à la demande ?
Non. Une adresse précise suffit pour que le destinataire retrouve la publication, et chaque pièce jointe crée une copie supplémentaire.
La demande à Google fait-elle disparaître la vidéo du site ?
Non. Google retire uniquement le résultat de la recherche Google. La page reste chez l’hébergeur tant que l’exploitant ou l’hébergeur ne l’a pas supprimée ; les deux voies avancent donc en parallèle.
Le règlement sur les services numériques vise-t-il les sites hors de l’Union ?
Il vise les fournisseurs qui proposent leurs services dans l’Union, où qu’ils soient établis ; sans établissement dans l’Union, ils doivent y désigner un représentant légal. La simple accessibilité d’un site depuis l’Union ne suffit pas à elle seule.
SARAZIM LLC conserve-t-elle ma vidéo ?
Non. La surveillance repose sur les métadonnées et les empreintes numériques, et le contenu lui-même est supprimé une fois le travail terminé.
SARAZIM LLC est-elle un cabinet d’avocats ?
Non. SARAZIM LLC recherche, consigne, signale et vérifie. La plainte et l’action en justice relèvent de vous et de votre avocat ; le relevé des preuves est conservé pour que vous puissiez vous en servir.
Sources vérifiées
- Cloudflare's abuse policies and approach - Cloudflare
- Reporting abuse - Cloudflare
- Registrar abuse reports - ICANN
- Supprimer un contenu à caractère sexuel personnel de la recherche Google - Aide Google
- How StopNCII.org works - StopNCII.org
- Frequently asked questions - StopNCII.org
- Industry partners - StopNCII.org
- Règlement de l’UE de 2022 sur les services numériques - EUR-Lex
- Questions et réponses sur la législation sur les services numériques - Commission européenne
- Droit à l’image et droit au respect de la vie privée - service-public.gouv.fr
Information générale, et non un conseil juridique. Le résultat dépend des faits, de la juridiction et de décisions prises par des tiers, et rien ici ne promet une issue. Les politiques des plateformes et les obligations légales évoluent ; ce texte reflète l’état vérifié à la date indiquée. Cloudflare, Google, Bing, Reddit et les autres plateformes et services cités sont des marques appartenant à leurs titulaires, et SARAZIM LLC n’a aucun lien avec eux. SARAZIM LLC n’exerce pas le droit ; lorsqu’un conseil juridique est nécessaire, consultez un avocat.
CASE INTAKE
Si la vidéo est sur un site qui ne répond pas
Envoyez ce que vous savez, même si ce n’est que le nom du site. SARAZIM LLC cartographie les copies, vous indique à qui elle s’adresserait et sur quel fondement, et explique ce qu’elle conserve et ce qu’elle supprime. Les échanges sont confidentiels et peuvent commencer de façon anonyme.
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